Principaux enseignements
- Pour réaliser une modélisation pertinente du groupe motopropulseur d'un véhicule électrique, il faut commencer par définir clairement le périmètre de l'étude et les résultats attendus avant d'ajouter les détails relatifs aux composants.
- La précision des données relatives à la batterie, à l'onduleur, au moteur et à la charge routière ne devrait être améliorée que lorsque la prochaine étape de conception l'exigera.
- L'adéquation du logiciel est d'autant plus importante qu'elle permet de garantir la transparence, l'évolutivité et la facilité de validation des modèles dans le cadre d'études portant sur l'ensemble du système et ses composants.
Une simulation efficace du groupe motopropulseur d'un véhicule électrique commence par la question à laquelle vous devez répondre, car les modèles de batterie, d'onduleur, de moteur et de véhicule ne sont utiles que si leur niveau de détail correspond aux choix techniques que vous envisagez.
Les ventes de voitures électriques ont dépassé les 17 millions d'unités en 2024, ce qui signifie que la simulation des véhicules électriques permet désormais de prendre en charge le dimensionnement des batteries, les travaux sur l'efficacité, les vérifications thermiques et la validation des commandes au sein de nombreuses équipes de conception. Une chaîne de modélisation claire vous permettra d'obtenir de meilleurs résultats qu'un modèle lourd élaboré par simple habitude. Les études approfondies sur les groupes motopropulseurs des véhicules électriques définissent d'abord les limites, déterminent ensuite le niveau de fidélité des composants et valident les pertes avant de se fier aux affirmations concernant l'autonomie ou la régénération.
« Une bonne simulation de véhicule électrique repose sur des modèles qui respectent les lois physiques requises tout en restant suffisamment simples pour être validés. »
Un modèle utile de groupe motopropulseur pour véhicule électrique commence par définir les limites du système
La conception d'un modèle de groupe motopropulseur pour véhicule électrique doit commencer par la définition d'un périmètre précis, précisant ce qui est inclus dans la simulation, ce qui en est exclu, et quels résultats permettront d'en évaluer la réussite. Il est impossible de déterminer avec précision le niveau de fidélité requis pour la batterie, l'onduleur ou le moteur tant que le modèle n'a pas d'objectif précis, d'échelle de temps et de niveau de précision requis.
Une équipe d'étudiants chargée d'estimer la consommation d'énergie par tour a besoin d'un modèle différent de celui d'une équipe de contrôle chargée d'ajuster la réponse du couple de traction. Dans le premier cas, on peut utiliser des cartes de rendement et la charge routière sur un cycle de conduite, tandis que dans le second, il faut un contrôle du courant, des limites de tension et une réponse du couple à des intervalles de l'ordre de la milliseconde. Ces deux approches sont valables, mais chacune d'elles échoue lorsqu'elle intègre des détails sans utilité.
- Indiquez les limites du véhicule, des bornes de la batterie à la pression des pneus.
- Sélectionnez les sorties avant de choisir les détails des composants.
- Choisissez le niveau de résolution correspondant au comportement le plus rapide qui vous intéresse.
- Il convient de distinguer les charges mécaniques des pertes électriques.
- Notez ce que le modèle ne prendra pas en compte.
Cette étape de cadrage permet d'éviter dès le départ toute dérive des objectifs. Vous saurez ainsi si les charges de la cabine doivent être intégrées au modèle, si la souplesse de la boîte de vitesses a une importance, et si le patinage des pneus est un bruit ou une donnée à prendre en compte. Une délimitation claire facilite également la validation, car chaque signal mesuré a une place bien définie.
Le modèle de batterie doit correspondre à l'objectif de votre étude
Le modèle de batterie doit correspondre à la question à laquelle vous cherchez à répondre, car la consommation d'énergie, les chutes de tension, l'élévation de température et le vieillissement ne nécessitent pas tous le même niveau de détail. Une source de tension fixe est utile pour une première analyse, mais elle ne permettra pas de mener des études sur la transmission batterie-moteur qui dépendent des limites de courant ou de l'état de charge.
L'estimation de l'autonomie sur un cycle de certification repose généralement sur un modèle de circuit équivalent qui tient compte de la tension en circuit ouvert, de la résistance interne, de l'état de charge et de la sensibilité à la température. Un démarrage sur une pente raide illustre bien l'importance de ces facteurs, car la batterie peut couvrir les besoins énergétiques tout en ne parvenant pas à répondre à la demande de couple lorsque la chute de tension réduit la marge de l'onduleur à un faible état de charge.
Les prix des batteries ont baissé de 20 % en 2024 pour atteindre un niveau record de 115 dollars américains par kWh en moyenne, ce qui rend d'autant plus important de dissocier le dimensionnement énergétique des batteries des contraintes électrothermiques. Vous bénéficierez de choix de conception plus clairs lorsque votre modèle de batterie indiquera explicitement les limites de courant, la capacité de charge et la dépendance à la température.
La fidélité de l'onduleur détermine le compromis entre précision de vitesse et précision de régulation
Le niveau de détail de l'onduleur détermine dans quelle mesure vous pouvez vous fier aux résultats électriques et la durée de chaque simulation. Les modèles basés sur des valeurs moyennes constituent un bon point de départ pour la plupart des études sur les véhicules, tandis que les modèles de commutation sont plus adaptés aux travaux portant sur l'ondulation du courant, la teneur en harmoniques, les contraintes subies par les composants ou l'analyse détaillée des pertes.
Une étude de traction portant sur la réponse de l'accélérateur nécessite généralement de connaître le couple commandé, la tension du circuit intermédiaire et les limites de courant, plutôt que les détails de la commutation au niveau des impulsions. Un onduleur fonctionnant en mode de valeur moyenne sera suffisamment rapide pour tester de nombreux cycles de conduite, tandis qu'une étude sur les pertes des semi-conducteurs nécessite de connaître les événements de commutation, la synchronisation des grilles et un pas beaucoup plus fin.
Considérez la fidélité de la modélisation de l'onduleur comme un choix technique lié à l'objectif de l'étude. Une modélisation trop détaillée en matière de commutation ralentit le modèle et rend son réglage difficile. À l'inverse, une modélisation trop succincte peut induire en erreur lorsque la saturation de tension, les effets du temps mort ou la limitation de courant modifient le comportement du couple à proximité de la limite de fonctionnement.
« Le freinage régénératif ne fonctionne en simulation que lorsque la demande de couple, la capacité d'absorption de la batterie, la vitesse du moteur et l'intervention du frein à friction sont modélisées comme des limites strictes. »
Les modèles de moteurs ont besoin de courbes de couple avant de passer au niveau de détail supérieur
Un modèle de moteur s'avère utile lorsqu'il reproduit les limites de couple, les zones de rendement et la dépendance vis-à-vis de la vitesse avant même de tenter de modéliser tous les effets électromagnétiques. La plupart des composants du groupe motopropulseur des véhicules électriques interagissent d'abord par le biais du couple et du flux de puissance ; ainsi, une bonne carte de couple permettra de répondre à davantage de questions de conception qu'un modèle électrique sophistiqué dépourvu de limites de fonctionnement validées.
Une étude de dimensionnement de véhicule commence souvent par une carte de rendement du moteur et une courbe de couple maximal en fonction de la tension du bus CC. Cela permet de vérifier si le véhicule atteint les objectifs fixés en matière de capacité de franchissement de pentes, de démarrage et de vitesse maximale. Un modèle de machine plus détaillé s'avère nécessaire dès lors qu'il faut tenir compte du comportement en affaiblissement de champ, de l'interaction avec la boucle de courant ou de la charge thermique lors d'accélérations répétées. L'ordre des étapes est important, car un modèle de machine détaillé mais doté d'une enveloppe de couple inadéquate donnera toujours un résultat erroné pour le véhicule.
Vous obtiendrez des résultats de calibrage plus précis lorsque le modèle de moteur mettra en évidence les transitions entre les zones de couple constant et de puissance constante. Cela est particulièrement important lors des dépassements, des montées et de la régénération à grande vitesse. Si ces transitions restent cachées dans une « boîte noire », le reste de la simulation du véhicule électrique paraîtra stable alors que la réponse du véhicule restera physiquement erronée.
Les hypothèses relatives à la charge du véhicule influencent la précision des estimations d'autonomie
Les hypothèses relatives à la charge routière du véhicule influenceront les résultats en matière d'autonomie tout autant que le choix de la batterie ou du moteur. La traînée aérodynamique, la résistance au roulement, la pente, le rayon des pneus, l'inertie de rotation et la consommation des équipements auxiliaires doivent être pris en compte de manière explicite, car de petites erreurs sur ces paramètres s'accumulent tout au long d'un cycle de conduite complet et faussent toutes les données de rendement qui en découlent.
Un modèle de voiture compacte testé uniquement sur des parcours urbains en terrain plat peut sembler efficace, mais ne pas atteindre ses objectifs sur autoroute dès que la résistance à l'avancement augmente et que la puissance continue reste élevée pendant de longues périodes. Les pentes constituent un deuxième facteur de défaillance. La batterie, l'onduleur et le moteur peuvent passer les tests séparément et pourtant se retrouver à court de marge de tension ou de marge thermique lorsque la charge routière se maintient près de la demande maximale pendant plusieurs minutes.
Il convient également de distinguer la force de traction des charges auxiliaires telles que le chauffage, la climatisation, les pompes et l'alimentation des systèmes de commande. On a tendance à négliger ces charges au début, mais elles jouent un rôle important lorsqu'on compare l'utilisation en hiver et en été, ou lors de trajets courts et longs. Les estimations d'autonomie ne sont fiables que si la charge routière est considérée comme une donnée physique mesurable plutôt que comme un simple facteur de correction approximatif.
Le freinage régénératif ne fonctionne que si les limites de contrôle sont correctement définies

Le freinage régénératif ne fonctionne en simulation que si la demande de couple, la capacité d'absorption de la batterie, la vitesse du moteur et la modulation du frein à friction sont modélisées comme des limites strictes. Une simple commande de couple négatif surestimera la récupération d'énergie, sous-estimera l'utilisation du frein et ne tiendra pas compte des compromis liés à la sensation de la pédale, qui sont essentiels dans le cadre d'un système de contrôle de production.
Un cycle urbain met clairement en évidence cette différence. Un freinage précoce à vitesse modérée permet une forte récupération d'énergie, mais la même manœuvre lorsque la batterie est presque à pleine charge obligera le système à réduire fortement la régénération, car la batterie ne pourra pas absorber le courant. Une faible vitesse du moteur réduira encore la régénération, ce qui signifie que le frein à friction devra prendre le relais si l'on souhaite que le véhicule atteigne la décélération souhaitée.
Vous devriez modéliser la transition entre le freinage électrique et le freinage par friction comme un problème de contrôle intégrant des limites, des filtres et une adaptation des commandes du conducteur. Cela vous permettra d'obtenir un équilibre de freinage réaliste et une meilleure estimation de l'énergie récupérée. Cela vous évitera également de présenter des gains d'efficacité exagérés issus d'un modèle de freinage régénératif qui ne tient pas compte des contraintes liées à la batterie, à l'onduleur et au moteur.
Les études d'efficacité échouent lorsque les pertes ne sont pas prises en compte
Les études de rendement deviennent trompeuses lorsque les pertes sont regroupées sous un seul chiffre au lieu d'être attribuées à la batterie, à l'onduleur, au moteur, à la boîte de vitesses et aux charges du véhicule. Une simulation fiable du rendement du groupe motopropulseur d'un véhicule électrique nécessite des chemins de perte qui varient en fonction de la vitesse, du couple, de la tension, du courant et de la température ; sinon, votre analyse de sensibilité vous orientera vers une solution inadaptée.
Un modèle de transmission qui table sur un rendement de 92 % de la batterie à la roue semble satisfaisant, mais il ne permet pas de déterminer si la principale perte provient des pertes dans le cuivre à basse vitesse, des pertes de commutation à faible charge ou des pertes au niveau des engrenages en vitesse de croisière. Les équipes qui utilisent SPS SOFTWARE pour leurs études sur les convertisseurs et les machines laissent souvent chaque terme de perte modifiable afin que le modèle montre où vont les watts.
Vous aurez également besoin de cartes de rendement qui distinguent la conduite active de la régénération, car le profil des pertes varie en fonction du sens du courant et de la plage de fonctionnement. Une batterie peut présenter un comportement de décharge acceptable tout en rejetant le courant de régénération lorsqu’elle est presque à pleine charge. Une bonne modélisation des pertes permet de mettre en évidence ces compromis avant de s’engager dans des modifications de conception qui ne résoudraient pas le véritable problème.
Le choix du logiciel dépend du niveau de détail en physique et de l'adéquation avec le flux de travail

Le logiciel idéal pour la modélisation des groupes motopropulseurs de véhicules électriques est celui qui répond à vos besoins en matière de physique, aux exigences de votre solveur, à votre processus de contrôle et à vos critères de transparence des modèles. Un logiciel bien adapté vous permettra de passer rapidement d'études systémiques sommaires à des analyses approfondies des composants sans avoir à réécrire l'intégralité du modèle à chaque fois que le scénario change.
Certaines équipes ont besoin d'un modèle rapide au niveau du véhicule pour comparer les cycles de conduite et régler les contrôleurs. D'autres ont besoin de modèles de composants électriques modifiables afin que les ingénieurs et les étudiants puissent examiner les équations, identifier les pertes et tester leurs hypothèses. C'est pourquoi le choix d'un logiciel doit d'abord tenir compte de la profondeur d'analyse et de l'ouverture du modèle, puis de l'interopérabilité et de la facilité de validation.
| Thème de l'étude | La solution logicielle qui s'avère généralement la plus efficace |
| Autonomie et consommation d'énergie selon les cycles de conduite standard | Un modèle au niveau du véhicule intégrant des composants cartographiques s'avère efficace, car il permet d'exécuter rapidement de nombreux scénarios tout en mettant l'accent sur les flux d'énergie. |
| Réponse en couple et étalonnage du système de commande | Un modèle axé sur le contrôle, avec des limites de courant explicites et une dynamique du bus CC, fonctionne bien car les contraintes des actionneurs déterminent la réponse du véhicule. |
| Contraintes dans les semi-conducteurs et pertes de commutation | Un modèle électrique détaillé tenant compte du comportement de commutation est tout à fait adapté, car les estimations des pertes et de la température dépendent des événements au niveau des impulsions. |
| Enseignement et recherche sur le comportement des composants | Les modèles transparents et modifiables sont très utiles, car ils permettent aux utilisateurs d'examiner les équations, de modifier les paramètres et de faire le lien entre la théorie et les formes d'onde observées. |
| Processus de travail en équipe combinant des études de systèmes et de composants | Une plateforme prenant en charge à la fois des modèles simplifiés et détaillés est très pratique, car elle permet de faire évoluer un même projet sans avoir à le reconstruire entièrement. |
Une bonne simulation de véhicule électrique repose sur des modèles qui respectent les lois physiques requises tout en restant suffisamment simples pour être validés. SPS SOFTWARE s'inscrit dans cette approche rigoureuse lorsque vous avez besoin de modèles électriques ouverts qui facilitent autant la compréhension que le calcul. C'est souvent ce qui distingue un flux de travail réutilisable d'une simple démonstration éphémère.


